André Lejarre
N’Dioum, un village au bord du fleuve Sénégal.
Historien et linguiste africain, Cheikh Anta Diop, dans "Nation nègre et culture", met en évidence le fait que la première grande civilisation de l’humanité, la civilisation égyptienne, était noire. Pharaon était nègre. Hérodote, l’historien grec, décrivait sans étonnement l’Egypte comme un pays noir. Ce furent les égyptologues du XIXème siècle, qui éliminèrent toutes les informations qui témoignaient de la négritude de cette civilisation. Il faut dire que c’était le moment où l’on colonisait l’Afrique et que la "race noire" était bien sûr considérée comme inférieure. Cheikh Anta Diop met aussi en évidence l’étroite parenté des langues de l’ouest africain avec la langue égyptienne découverte par Champollion, ainsi que des similitudes de culture comme le matriarcat. Pour André Lejarre, la révélation de cette Égypte nègre fut boulversante et le décida à travailler sur cette Afrique noire, fille de l’Egypte. Afrique noire douloureuse, fille de la civilisation qui inventa l’écriture, sans autre repère aujourd’hui que les repères de l’Islam, et ceux souvent les plus contestables de notre civilisation occidentale. Il photographie cette mémoire enfouie, une façon comme une autre de parler de la grande famille humaine et de son histoire.
  
Coumba. 1999.